
Pour le renforcement de l’efficacité et l’accessibilité du Système d’alerte précoce (Sap), le ministre des Infrastructures et des transports terrestres et aériens plaide pour une synergie renforcée entre les différents acteurs. Yankoba Diémé intervenait à la commémoration de la Journée mondiale de la météorologie (Jmm).Par Dialigué FAYE –
Les avantages que procurent les Systèmes d’alerte précoce (Sap) ne sont plus à démontrer. En permettant d’anticiper les évènements météorologiques extrêmes, ils sauvent des vies, minimisent les pertes économiques. Et pourtant, il subsiste encore des disparités dans l’accès à ces systèmes, notamment en Afrique et dans les pays en voie de développement, a relevé le ministre des Infrastructures et des transports terrestres et aériens. C’est pourquoi, plaide Yankoba Diémé, «nous devons agir collectivement pour combler les lacunes en mettant en place des mécanismes de surveillance plus efficaces, en renforçant la coopération entre les institutions et en exploitant de nouvelles technologies de diffusion pour mieux alerter en temps réel nos populations, mais surtout en cassant les silos des différents services qui interviennent sur ces Sap. Cela veut dire que nous devons encore travailler ensemble entre ministères, entre directions, entre services, en ayant en bandoulière l’accès à l’information des populations pour qu’elles en fassent meilleur usage».
Le Mitta intervenait, lundi, à la commémoration de la Journée mondiale de la météorologie. La Jmm est célébrée le 23 mars de chaque année. Mais cette année, elle a coïncidé avec un week-end. Raison pour laquelle l’activité est organisée le lundi 24 mars, afin de rassembler toutes les parties prenantes autour du thème : «Combler ensemble les lacunes en matière d’alertes précoces.»
Il s’agit, d’après le Directeur général de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), «de réfléchir sur les synergies à mettre en place pour que les populations, surtout celles vulnérables, soient informées suffisamment à temps, avec un langage clair, afin de réduire les conséquences liées aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que la sécheresse, les inondations, les vagues de chaleur». Pour Dr Diaga Basse, «les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes constituent une menace croissante pour l’Afrique, affectant tant les conditions de vie que les économies. Le Sénégal, du reste, n’est pas épargné par ces défis».
L’Anacim attend un financement de 500 millions du Bci
Le Sap permet d’anticiper sur les risques et d’agir pour la sécurité des personnes et des biens, la prise de décision, mais également la planification. Sur ce point Aïda Diongue Niang, directrice de la Météorologie, enseigne qu’un Sap efficace requiert «d’abord la connaissance du risque, et là, c’est en fonction des différents secteurs, d’où la nécessité de travailler de manière étroite entre les services opérationnels, les services de recherche et les secteurs concernés».
Yankoba Diémé estime ainsi qu’en travaillant ensemble et en mobilisant toutes les expertises, et en agissant avec détermination, un accès rapide et fiable aux alertes précoces pourra être garanti à chaque citoyen. «Nous devons davantage impliquer le citoyen, et cela passe par la synergie entre les différents ministères. Nous gagnerions à porter à un très haut niveau la coordination pour que le service météo soit dans le quotidien des Sénégalais», recommande le ministre. Avant de rappeler que «l’Etat est engagé dans le renforcement des capacités de l’Anacim pour améliorer la fourniture de prévisions et d’alertes météorologiques. C’est ainsi que le projet d’amélioration de la qualité des services météorologiques et climatiques pour un accès durable à l’information pour tous a été inscrit au Budget consolidé d’investissement de l’Etat et sera mis en œuvre dès cette année pour la modernisation des infrastructures nécessaires à l’amélioration des prévisions, alertes et services météorologiques et climatiques».
C’est un montant de 500 millions de francs Cfa qui sera alloué à l’Anacim, à travers le Bci, selon Diémé.
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